Alors que mon état était devenu stable, que mon col avait retrouvait un peu de sa tonicité et que j’allais pouvoir rentrer chez moi, le destin c’est une fois de plus mis
au travers de travers de ma route.
Le dimanche 21 octobre, j’ai eu des contractions plus fréquentes que d’habitude le matin. J’ai essayé de calmer ça par un suppo de spasfon puis un second. Rien.
Votre papa est arrivé vers 14h et j’avais déjà sonné les infirmières pour voir une sage femme. Les infirmières venaient juste de reposer un cathéter prêt à me mettre
sous loxen par voie intraveineuse.
J’ai eu un monitoring mais à cause des médicaments anticontractions la machine n’enregistrait que des contractions de petites intensités. Mais j’ai commencé à avoir de
forte douleur à chaque contraction. Mes contractions n’avaient jamais été douloureuses auparavant alors j’ai vite pris conscience que j’allais accouché dans les jours à venir.
Avec votre papa on compte les contractions et elles sont espacées de 10 à 5 minutes.
Comme la sage femme ne comprenait pas mes douleurs en comparant avec le monitoring, elle a appelé l’obstétricien de garde qui m’a examiné. Il y a dit « je vous
descends immédiatement en observation car vous êtes dilaté à 2 cm ».
Nous descendons dans la même salle d’observation que celle du 11 septembre et votre papa me sort « j’ai la vague impression que nous somme retourné à la case
départ ».
Là on me prend ma T° et j’ai 38,5°C. Tout le monde s’agite autour de moi. Une infirmier me fait des prélèvements sanguins et urinaire, une autre me fait une piqûre de
cortico pour la maturation des poumons des bébés, la sage femme me repose un monitoring, on me met dans la perfusion le médicaments de dernier recourt pour éviter les contractions et
l’obstétricien me fait une écho vaginale.
La sonde ressort avec du sang. C’est là que votre papa a pris conscience que j’allais accoucher.
Le médecins me sort « votre col s’est encore modifié par rapport à tout à l’heure, il est dilaté à 3 cm ». Je lui demande la longueur de mon col et il me sort
« ah mais là y’a plus de col du tout, vous êtes en plein travail et votre poche des eaux est prête à rompre.
Entre temps mes résultats de labo revienne : je suis infectée et c’est ça qui a déclanché mon accouchement. J’apprendrais plus tard que c’était une infection au
streptocoque B.
Les médecins appellent les maternité de classe 3. Il y a de la place sur Paris à Port Royal.
Le SAMU ne tardera pas à arriver et nous partons à toute vitesse avec les sirènes qui retentissent dans la nuit. Il est déjà 19h30.
Papa va récupérer mes affaires dans ma chambre, fout tout dedans sans dessus dessous et part vite me suivre en voiture.
Une fois arrivée à port Royal je suis directement installée en salle de naissance.
Une sage femme m’examine, je suis dilatée à 4 cm. Elle me fait un prompt-test et réalise que la 1ere poche des eaux a percé. A cause de l’infection, il ne
faut absolument que les bébés sortent au plus vite. Elle me dit « j’arrête les anti-contractions, j’appelle l’anesthésiste et ensuite on viendra vous raser pour une
césarienne ».
Le temps que l’anesthésiste fasse son questionnaire, me pose la péridurale en s’arrêtant entre 2 contraction qui sont maintenant toutes les 3 minutes il s’écoule à
peine une demi heure.
La sage femme me réexamine et crie « c’est trop tard pour la césarienne, dilatation à 9cm !!! »
Et au moment où elle annonce ça : splatch ! J’ai senti et entendu le liquide amniotique couler en moi et éclabousser la table d’opération puis le sol. Elle rehurle
«la tête du 1er est engagé il va falloir pousser ». Là une ruche arrive de partout : une seconde sage femme, 2 obstétriciens, 2 infirmière (1 par bébé en gros), le
pédiatre, l’anesthésiste.
Je n’ai pas le temps de réaliser ni d’angoisser ni de quoi que se soit. Mais j’ai juste hurlé moi aussi « mais comment je fais pour pousser j’ai jamais eu les
cours d’accouchement ».
Les sages femmes ont été super, à me guider dans mes respirations, me dire quand pousser, quand reprendre mon souffle…
Je sentais la main de votre papa me serrer fort l’épaule. Il était désemparé lui aussi
Après avoir poussé 6 fois, l’obstétricien remplace la sage femme et me dit qu’il va utiliser des forceps pour que ça aille plus vite car les bébé 2 commence à
fatiguer.
Heureusement la péridurale faisait effet contre les contractions mais pas encore au niveau du vagin et j’ai senti mon 1ere bébé sorti en mois avec une légère douleur
très supportable quand même.
Là ils appellent votre papa et la moitié de l’équipe médicale part avec le bébé 1. Moi je n’ai pas le droit de le voir. Je dois continuer à accoucher. Je demande juste
à la seconde sage femme « mais pourquoi il a pas crié » et elle me rassure en me disant qu’à ce terme là un bébé ne peut pas crier.
Là l’obstétricien m’explique : « pour que ça aille le plus vite possible pour éviter une souffrance fœtale du bébé 2, je vais aller le chercher à la main, le
prendre par les pieds et le faire sortir par le siège. Je sens sa main trifouiller dans mon ventre main heureusement l’anesthésiste m’a injecté entre temps une 2eme dose de péridurale.
Bébé 2 sort et le personnel avec.
La 1ere sage femme reviens juste me dire « Emmy va bien, elle respire seule ».
Puis je reste seule avec une infirmière et l’obstétricien qui a retiré les 2 placentas et qui m’explique qu’il a du me faire une légère épisiotomie et qu’il est en
train de me recoudre.
Puis je reste seule avec l’infirmière qui regarde tous les quart d’heure si j’ai beaucoup de saignement ou pas.
On revient quand même me prévenir que Lucy aussi respire seule.
Le 1er obstétricien vient me serrer le bras et me dire « vous avez été très bien, vous êtes très forte »
Votre papa reviens. Il a vu où vous étiez installé et a vu le pédiatre poser de l’oxygène dans les narines, la sonde gastrique, un cathéter ombilical pour le glucose et
des électrodes de partout.
Emmy est née à 23h51. 870g pour 34,5 cm.
Lucy est née à 23h54. 950g pour 36 cm.
Les médecins ont dit que c’était un poids normal pour leur terme.
Votre papa est très fier de moi, comme je n’ai à aucun moment poussé de cri affreux il m’a trouvé très courageuse. Moi je ne réalise vraiment pas ce qui vient de se
passer.
Tout est allé tellement vite.
J’ai juste peur car je ne sens plus mes jambes et je n’arrive plus à bouger les orteils. Heureusement 3 heures après la péridurale je pouvais rebouger les
jambes.
A 2 heures du matin, votre papa est retourné vous voir. Moi je suis rester seule au moins une heure avec juste une infirmière qui passait juste vite fait toutes les 20
minutes voir si ça allait.
Puis elles est venue débrancher le monitoring, les électrodes, m’a retiré ma péridurale, m’a sondé avant que la péridurale ne fasse plus du tout d’effet. M’a nettoyé le
vagin et m’a mis la protection hygiénique et la superbe culote-filet jetable.
A 4 heures je suis dans une chambre où une autre femme me rejoindra plus tard dans la matinée. Je mange un repas réchauffé et votre papa dors à moitié sur la chaise d’à
côté.
Je n’aurais pas le droit d’aller vous voir tout de suite car il faut attende qu’on me retire la perfusion et que j’aille 2 fois aux toilettes sans avoir me malaise pour
avoir droit de monter à la réanimation néonat.
Je ne vous rencontrerez pour la 1ere fois que lundi à 14h30.
Commentaires Récents